Chez la Reine
  • Éditeur québécois

Campant judicieusement son roman dans l’arrière-pays québécois, les villages, les rangs, le cadre de l’enfance – authentique royaume où la maison de la Reine trône au cœur du paysage –, Alexandre Mc Cabe édifie le musée de la mémoire d’un petit-fils, jeune homme au début de la vingtaine qui doit se faire à l’idée : « Une mort est une mort et on ne peut se soustraire à son tragique. » Devant l’agonie de Jérémie, son grand-père, le deuil forçant à s’arrêter « sur d’autres détails », il peint les « tableaux d’un musée intérieur », réfléchit à « l’héritage fondamental » que concèdent la famille et la culture, saisit la portée du décor dans l’apprentissage du monde. Il y a dans ce livre bienveillant le souvenir des premières fois, du bonheur et de l’amour reçus. Mc Cabe dresse une fresque folklorique – « [l]e temps semble s’y figer et ne manifester ses effets que dans le vieillissement des corps, la naissance d’enfants et l’alternance cyclique des saisons » – qui fait revivre des moments marquants de l’histoire politique québécoise, des années 1980 à aujourd’hui.