Un été à No Damn Good

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Un été à No Damn Good
  • Éditeur québécois

Il y a des moments dans la vie où tout explose. C’est ce qui arrive à Nora pendant l’été 1971. Elle a quatorze ans. Ses parents ne semblent s’entendre que pour s’inventer des vices ou des infidélités réciproques. Il est évident qu’ils ne tarderont pas beaucoup avant de prononcer le mot fatidique de divorce. Le petit frère est – le chanceux – bien loin, dans son camp de vacances.

Heureusement qu’il y a, de l’autre côté de la rue, les Chevrier. D'abord, il y a Élise et Marie-T., les meilleures amies de Nora, avec qui elle passe d’interminables après-midi au bord de la piscine du parc Kensington, à No Damn Good, quartier anglophone montréalais bien que fondé par des pionniers de langue française. Puis il y a Mme Chevrier, qui fait le meilleur pâté chinois du monde, ce qui est bien plus intéressant pour Nora que les escargots qu’on sert chez elle, sans parler des bouteilles de chianti avec leur culotte de raphia que ses parents transforment ensuite en chandeliers. Il y a surtout Jeannot, le beau et ténébreux Jeannot qui gratte sa guitare en fredonnant des chansons où il est question de héros se battant contre l’impérialisme. Car, ne l’oublions pas, les forces révolutionnaires n’avaient pas encore, quelques mois seulement après la crise d’Octobre, dit leur dernier mot au Québec.

C’est tout ce monde tranquille de la rue Marcil qui volera en mille éclats cet été-là. Il y aura des cris, des trahisons, des manifestations, des arrestations, des déménagements à la sauvette. Et bien plus grave encore.